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Journée « Jean-Paul Moisan 2017 » : Le point de vue d’Alain Glon


Bonjour les amis,

Nous avons vécu ce vendredi 1er décembre à Locarn une journée « Jean Paul Moisan » qui peut faire date, ça dépend de nous.

C’est de cela dont je souhaite vous parler.

Des circonstances :

  • La présence en nombre des équipes dirigeantes des CHU de Brest et de Rennes , des établissements qui totalisent près de 15.000 employés , sans compter ceux des hôpitaux territorialement liés.
  • La confrontation aux réalités rurales : une espérance de vie inférieure de 5 ans.
  • Les discussions ouvertes vers un monde qui serait différent : la prévention d’abord.

Tout cela nous a fait mettre le doigt sur l’utopie et le mensonge de l’égalité : merci Coluche.

Des mises en évidence :

De multiples témoignages ont prouvé le bénéfice procuré à la Santé, au niveau national, par la Bretagne, ceci en raison des spécificités de sa géographie et de la sociologie bretonne :

  • Collaborations des chu au sein de la société civile, amplifiées du particularisme des hôpitaux militaires de Brest et au-delà.
  • Proximité des usa… pour les prématurés.
  • Spécificités celtes (mucovicidose…)

Et, pour Rennes, une attractivité qui s’impose aux malades de la presqu’île bretonne bien sûr, mais qui en outre agit par spécialités au delà de Caen, du Mans, d’Angers et Nantes.

Quand, pour Brest, une recherche de haut permet l’équilibre avec Rennes au service de la promotion de la Santé de l’ensemble breton, notamment pour les plus vulnérables, à la campagne.

Bien sûr, la qualité des professionnels de santé est le premier facteurs de ces apports .

Une circonstance : 

La démonstration a été faite du bénéfice de la compétition quand les dirigeants peuvent et savent en parler. Ce fut le cas comme jamais ce 1er décembre, à Locarn, au milieu de nulle part.

Chaque hôpital avait mobilisé les meilleurs de ses spécialistes. En ville l’un ou l’autre de ces « artistes », de notoriété internationale, fait salle comble.

Hier nous en avions 8 sous des regards croisés et bienveillants. Les remerciements aussi furent croisés.

Du sens commun, sans fards. Merci.

Des constats partagés :

Nous avons compris que l’excellence de nos CHU additionnée à la parcimonie des Bretons leurs valaient une attention et un a-priori de confiance des instances nationales de la santé.

C’est un état de fait auquel nous sommes et devons être sensibles.

Cependant cette réalité  impacte bien peu le présent et le futur de la santé en Bretagne rurale, le fil rouge de notre journée.

La qualification et la rapidité des réponses médicales sont des clés qui ne trouveront pas de solutions « ruisselantes » ni dans le court terme, ni dans le long terme puisque l’accélération des moyens de la ville est vertigineuse.

Le manque d’attractivité de la ruralité est une réalité durable, et puis, à raison de 2 millions de neurones détruits chaque minute, JY Gauvrit nous a ramené sur terre : Vannes/Rennes nécessite plus de temps réel  en hélico que par la route.

Les chemins du possible :

Nous sommes convenus que pour Locarn et autres ruralités il y avait 3 clés importantes pour s’inscrire dans le futur.

La prévention : bien sûr des bons yaourts, du bon pain et des amis, comme ce vendredi, mais plus encore : le faire savoir à  l’école et ailleurs : Fantastique fut la présentation de Karim, encore que l’âge des présents ne l’a pas amené à expliquer la cirrhose du foie chez les jeunes par alcools forts (binch-drinking)+ le sucre du coca = chaptalisation.

Le numérique : des Google-Glass comme à Redon (proximité Ubi-Soft), des objets connectés mis en mains des aidants et des infirmier(e)s. Bref faisons de la ruralité (West Web Valley) un terrain de réalisme pour nous et de formation pour ceux qui viendraient d’ailleurs, pour apprendre. En Roumanie, c’est comme à Locarn, partout.

Et maintenant :

Nous avons rêvé hier et j’espère avoir résumé ci-dessus un socle assez fidèle.

Maintenant il nous faut oser dans la ruralité pour que nos audaces deviennent une chance pour la ruralité et pour les autres.

Une vision, voulez vous :

.Nous partons de statistiques significatives dans le sens du bon pour la dépense, dans le sens du médiocre pour la durée de vie. Ces réalités sont des saufs-conduits.

Quelle chance ! si nous le voulons. 

  • Nous avons ici, plus qu’en ville, des gens malades ou en voie de devenir, prêts à contribuer pour un autre futur.

 En clin d’œil je rappellerais ce que disaient les autorités de Shanghai à Jean Paul Moisan : « venez ici pour expérimenter, pas besoin de laboratoires P3, toutes les maladies sont en liberté chez nous ! ». 

  • Nous pouvons offrir à des toubibs étrangers de venir ici pour bénéficier d’une formation, disons un jour par semaine, auprès de sommités mondiales. Le film d’Eric Stindel vu ainsi devient attractif pour promouvoir la santé bretonne.
  • Nous pouvons former des infirmières Portugaises, ou autres, à l’utilisation des Google-glass. Faisons un film de promotion à partir de l’émouvante humanité de Jacques Sizun pour les prématurés. Il est des « vieux riches » qui sponsoriseront la formation d’une aidante. Notre chance n’est elle pas de ce côté de l’humanité.

Des options :

Et si notre ambition, ici, devenait la formation aux savoir-faire que l’on peut transmettre, non pas simplement sur catalogues, ou clé en main, mais, résultats en mains. Offrons cette chance à des population moins bien loties que nous. J’ai la conviction que nous obtiendrions dans cette attitude une meilleure satisfaction que dans la revendication de vivre comme dans une  banlieue de Métropole.

La vie nous enseigne parfois que, faute de pouvoir changer les éléments, il convient de changer nos paradigmes. Les chiffres ne procurent pas toujours meilleur bonheur.

Anticiper : 

Aux habitués de notre Institut je dis :

Déjà la Bretagne rurale est sur la courbe verte. Ce chemin de la flexibilité, de la parcimonie, de la virtuosité.

La Bretagne fait rêver, dans sa globalité ; pour ses métropoles, j’en suis moins sûr.

Les métropoles vont être en compétition, entre elles, sur la courbe rouge, celle de la hiérarchie et du Pouvoir.

Que ceux qui ne peuvent comprendre viennent à Locarn pour choisir leur futur.

 

Si vous êtes encore avec moi, voici. 

  • Il nous faut vouloir, c’est mon cas.
  • Il nous faut, si ce n’est pas encore le cas, convaincre les humanistes des métropoles que nous avons à faire ensemble.

Je ne connais pas, si ce n’est aux Resto du Cœurs, plus humanistes que nos amis hospitaliers.

  • Il nous faut refuser le projet permanent des tenants du pouvoir métropolitain de nous assigner à la campagne ceux qu’ils ne veulent plus dans leurs villes.
  • Il nous faut convaincre les relais d’un passé déjà mort que, ici, avec des revenus moyens inférieurs d’un tiers à la moyenne nationale, avec une espérance de vie de 5 ans inférieure, c’est à nous de trouver le chemin pour « Bien Vivre ».

Si vous êtes toujours là ?

Il nous faut offrir aux Meilleurs des villes les richesses et les rêves de la campagne pour qu’ils s’inscrivent à nos côtés sur la courbe verte.

Pour ces édiles, aujourd’hui c’est bon, mais, le demain de leurs enfants sera comme ici. 

« Quand tu as réussi dans la vie, après 60 ans, 65 tout au plus, tu ne dois plus prélever sur le Territoire mais lui restituer »

Donnons ensemble un Sens à l’allongement de la durée de vie.

Et au delà, quand arrive le jour où l’on ne voit plus le paysage que de la fenêtre de sa chambre, on convient que les gens de Locarn sont aimables, on trouve que la campagne est belle, même si il n’y passe pas d’autobus. C’est bien ce que vous vous êtes dit en chemin, ce 1er décembre neigeux. Alors !

Encore là ? 

Tout ce qui précède ne dépend que de nous, de nous qui étions à Locarn.

Je suis à votre écoute.

Il nous faut aussi un peu d’argent.

C’est d’accord.

Mais, de l’argent, nous en avons ;

c’est celui que nous ne dépensons pas !

Nous vivons ici des retraites moins longues, moins coûteuses.

Nous dépensons moins en frais de santé.

Nous utilisons une plus grande proportion de médicaments génériques que partout ailleurs. (25 millions d’€ d’économie par an)

Nous connaissons les plus faibles taux de dépassements d’honoraires médicaux.

De plus, selon les comptes de la nation, les campagnes reçoivent deux fois moins d’argent public par habitant que ceux des métropoles.

Il y a du grain à moudre.

Vite !

Au moment ou les modifications fiscales vont renchérir la générosité, vont la réduire, soyons les premiers à mettre en mouvement la spirale vertueuse. Nos fondations sont de formidables réceptacles de nos in-bonnis, il faut que ce soit la santé qui y gagne.

Nous sommes prêts :

Au sein de la Société Civile, Redeo, association qui ambitionne de restituer au Territoire la propriété des moyens nécessaires à la vie, a anticipé les inévitables mutations capitalistes de nos Champions Nationaux de l’Energie.

Les Banques et assurances vont connaître pareils chocs, le numérique aussi si nous les abonnés, nous tournons le dos à la financiarisation.

En créant Redeo-Assurance, la Bretagne, par l’approche mutualiste, se donne les moyens de capitaliser les économies qui résultent de leurs comportements.

La voie du libre choix est déjà ouverte si l’on veut bien rester sourds à la pub massive et coûteuse faite par les assurances. La Communauté Européenne va élargir le champ des possibles, préparons la charrue.

Nous avions hier dans l’auditoire des spécialistes des assurances mutuelles. Ils étaient attentifs.

Nous avons tous ensemble, ce premier décembre 2017, beaucoup investi, beaucoup grandi, je n’ai pas envie que ça s’arrête là.

Merci de votre avis.

Bien Cordialement

Alain Glon

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